Soket

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André à rencontré SOKET : personnage MANGA de la toile aux murs de PARIS ! Derrière ce masque il y a MARIE NEUBAUER, graphiste freelance, qui travaille sur une multitude de projets. Après une enfance passée en Asie, elle fait l’école PENNINGHEN et sort avec un diplôme en communication visuelle. À 27 ans, elle a divers clients, des particuliers à des artistes.

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Comment est apparu SOKET dans ton histoire ?

Ce personnage est apparu il y a 3-4 ans car j’avais besoin d’un personnage pour faire passer un message. Un message que j’ai dessiné plutôt que de le dire. SOKET était le nom du chat de ma grand-mère. Et quand je l’ai dessiné, j’avais un sweat avec des oreilles de chat sur la capuche ! Elle est une espèce de concentré de tout ce que je dessinais jusqu’à maintenant. Elle est apparue un peu par hasard en fait, je n’y avais pas réfléchi, rien préparé, elle est apparue comme ça, instinctivement. Pendant 1 ans, elle est restée sur papier, je n’ai pas cherché à la mettre en valeur. Elle avait un but autobiographique, elle me servait à dire des choses que je n’arrivais pas à dire avec les mots, mais elle n’est pas un autoportrait elle est d’ailleurs beaucoup moins timide que moi !

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SOKET vient-elle de l’univers Manga ?

Tout à fait, le manga fait parti de ma culture. J’ai grandi avec cette culture asiatique du dessin Japonais, Coréen, Thaïlandais, et Taiwan. Pour moi c’était des dessins animés, le mot manga ne voulait rien dire.

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A quel moment t’es tu aperçues de l’importance qu’elle prenait ?

Dès que j’ai pensé à faire des choses commerciale avec elle, il y a 6 mois, car au début je ne pensais pas du tout m’en servir dans un but d’illustration. Je ne l’ai dessiné que pour moi, pour mon plaisir. Quand j’étais à Pennighen, on m’avait fait comprendre que je ne dessinais pas bien, l’illustration ce n’était pas pour moi. Mais à force de dessiner SOKET, de manière récurrente, de voir l’importance qu’elle suscitait, j’ai pris de plus en plus confiance en moi.

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Comment est-elle apparue sur les murs ?

Par mon entourage. Beaucoup de gens autour de moi peignent, graffent, posent, taggent, stikent, collent… Le street-art comme on dit ! Ils font des actions dans la rue… et comme j’ai moi même toujours traîné dans la rue ! C’est mon enfance en Asie, tu vis dehors et quand je suis arrivée à Paris j’avais besoin de retrouver ça. C’est comme ça que j’ai rencontré ces gens là et que j’ai commencé à faire des graffitis. Au début avec un esprit de rébellion, l’adolescence… plus tard, j’ai recommencé de façon plus réfléchi, plus calme, et c’est tout naturellement que j’ai posé SOKET sur les murs. C’était il y a 2 ans.

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Comment procèdes-tu ?

En fait, quand j’arrive devant le mur, j’ai déjà mes croquis, avec une banque de données de position de SOKET, qui ont pour moi une signification particulière et intime (secrète ndlr). Et en fonction de qui va faire quoi, des couleurs, du mur, des contraintes de hauteur, je l’adapte. Ce qu’il faut savoir, c’est que je ne suis jamais seule. Il y a toujours une bande de graffeurs avec moi, et suivant ce qu’ils font et qui ils sont, je pose SOKET sur leurs travaux.
La première fois, je n’avais rien prévu. Mes amis faisaient un graffiti sur un mur. Il y avait du rouge, du noir, du blanc et un grand espace vide. J’ai essayé et j’ai fait SOKET. J’ai trouvé ça très sympa et la technique m’a énormément plu. Je ne savais pas vraiment faire de graffitis construits, c’est donc comme ça que j’ai appris, avec toujours un ami pour me conseiller. Et j’apprends toujours. SOKET est beaucoup plus belle maintenant qu’il y a un an ! J’ai fait une line-up pour qu’elle prenne une identité complète, pour que ce soit toujours le même personnage, sans gros défaut !

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Qu’est-ce qu’on dit les graffeurs quand ils l’ont vu sur le mur ?

Elle est bonne ! ils aiment beaucoup avoir un personnage qui accompagne leur lettrage par exemple. Je fais d’ailleurs attention à ce qu’il y ai une connivence entre SOKET et un lettrage. Je ne la poserai jamais sur un graffiti d’une personne que je ne connais pas. Il faut savoir qu’un graffiti est un travail d’équipe également. On a tous nos croquis et on se consulte pour savoir comment je vais la placer sur le mur, en fonction de la hauteur d’une lettre par exemple. Elle peut faire jusqu’à 3 mètre de haut, c’est comme dessiner sur un carnet de croquis géant ! C’est jouissif de la peindre… c’est de grands mouvements, amples, longs, tu as vraiment la sensation de dessiner avec tout ton corps.
C’est comme une petit danse !

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Te considères tu comme une graffeuse ?

Non pas du tout ! Je ne fais pas de lettrage, ni de tag. Je suis dans ce milieu car j’y ai beaucoup d’amis mais je ne suis pas graffeur pour autant. SOKET sur un mur n’est pas un graffiti mais une peinture, une illustration. Je ne suis pas une frénétique qui sort tous les soirs pour la peindre. Je la fais le plus souvent quand il fait beau, donc rarement l’hiver. Il faut que ce soit dans un endroit calme ou je peux prendre mon temps. C’est du plaisir je ne revendique rien.

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Quels projets as-tu avec SOKET ?

J’espère quelle va pouvoir me faire gagner de l’argent par l’illustration, comme pour l’opération qui a été menée au magasin PRINTEMPS à Nation à Paris. Un événementiel autour de la St Valentin, pour proposer autre chose que Cupidon et compagnie. A cette occasion j’ai travaillé avec une amie comédienne qui s’appelle Nathalie « La petite Ciguë », avec qui on a monté une marque de t-shirt qui s’appelle MRRWA. Nathalie devient SOKET en chair et en os. Elle est coiffée et maquillée et travaille sa gestuelle et mimique de SOKET. Pour le PRINTEMPS, elle a été enfermée dans une vitrine, elle faisait un petit spectacle qui bien sur plaisait beaucoup aux enfants. Ça m’a permis de donner une nouvelle dimension à SOKET, quelque chose autour de la performance grâce à Nathalie. En plus ça m’apporte beaucoup pour mes dessins. SOKET se décline dans plein de domaine, dessin, graffitis, peinture, performance, illustration et t-shirt… l’idéal pour moi c’est que ça continu, qu’elle évolue par le biais de médias différents.

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Nous avons connu SOKET grâce à internet, quelle importance y accordes-tu ?

Une énorme importance, car c’est via le net que je me fais connaître et la moitié de mon entourage sont des gens que j’ai rencontré sur le net. Ça fait 7/8 ans que je traîne (aussi) sur le net. On peut vraiment dire c’est la deuxième rue ! Ça me permet d’avoir beaucoup de commentaires sur mon travail et sur SOKET. On me dit qu’elle est très jolie, attirante avec toutes ses couleurs… Mais j’ai aussi des gens qui m’insultent, sûrement des purs et durs du graffiti qui ne veulent pas comprendre qui est SOKET. Au moins, on ne peut pas dire qu’elle laisse indifférent.

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Alors, qui est ce que j’ai interviewé ? SOKET ou MARIE ?

On passe d’un personnage à un autre… le propre de la schizophrénie non ? Mais mes amis m’appelle SOKET d’une manière générale. Et même SOKET a des pseudos. Donc parfois j’ai le pseudo que l’on donne à SOKET. J’ai des amis qui m’appelle POM POM, comme une pom pom girl, car j’avais dessiné SOKET en pom pom girl !!!

Marie Neubauer a montée une boite de production avec des amis de lycée qui s’appellent EPICERIE FILMS, elle s’occupe de l’identité visuelle du prochain album de J.BRASIL, l’album est produit par Nuhflava Records (Killacarltoon) enregistré et arrangé par Jean-Louis PALUMBO du groupe Rinoçerose avec de nombreux feat dont Sargento Garcia et Jamalski etc…

Interview André Sanchez

2 Comment

  1. Soket says: Répondre

    Un grand merci à l’équipe de Webculture !

  2. Laure says: Répondre

    Merci à toi, tu as était une des premières à avoir accepté de répondre à nos questions, et nous en sommes très content.

    À bientôt.

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