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Web-Culture Odö

Précédemment aperçu dans nos « Découvertes », voici l’interview de Nico Odö, étonnant illustrateur, ou graphiste, ou dessinateur… Bref comme vous voulez. Son travail est tellement riche et surprenant qu’il serait réducteur de le cataloguer. Il a su développer un univers très personnel, n’ayant pas peur de bousculer quelques règles pour proposer des images innovantes !

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Salut Nico, peux tu te présenter, nous parler de toi, de ton pseudo, de tes premières passions pour le dessin, l’illustration… Qu’est-ce qui t’a amené à faire ça ?

Je m’appelle Nicolas Le Borgne, j’ai 25 ans et je vis et travail dans le Sud ouest de la France. Je dessine depuis que je suis enfant, dans ma famille surtout du côté de mon père tout le monde dessine et tout particulièrement mon grand-père.
L’envie, la passion et même la possibilité de pouvoir en vivre est venu bien après. Je suis d’abord passé par le graffiti sur Pau. Ensuite j’ai fait 4 ans dans une école de communication visuelle sur Bordeaux… L’école m’a appris la rigueur et les logiciels mais en même temps je continuais à évoluer dans un univers personnel (stylo à bille sur des tout petits formats), en cherchant des stages la marque Billabong m’a assez rapidement proposée de réaliser des artworks, j’ai décroché mes premières expos et publications lors que j’étais encore étudiant. L’école fini et diplôme en poche j’ai continué en freelance avec Billabong, j’ai peint une année d’affilé pour affiné mon style, sans trop me soucier des expositions, des publications, je voulais être sur d’avoir un certain niveau pour vraiment réexposer. Spacejunk m’a proposé fin 2008 de participer à leur expos collectives, de fil en aiguille j’ai vraiment accélérer les choses en bossant jour et nuit 12h à 15h par jour, 7 jours sur 7. Et forcément mon style a évolué, les travaux se sont agrandis, et la spacejunk m’a proposée mon expo solo, maintenant je fais exclusivement des collaborations avec les marques ainsi que des expos.
Pour le pseudo Odö c’est comme ça j’aime bien, je n’ai pas vraiment d’explication…

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Ton travail me fais penser à celui Victor Castillo, non pas que je veuille te comparer à lui, mais plutôt à savoir si tu penses être dans la même mouvance POP SURREALISTE ? Que penses-tu de ton travail par rapport à ceux de ce mouvement qui reste très américain ?

J’ai découvert le Pop Surréalisme il y a 4 ans avec le travail de Mark Ryden. Comme tu dis c’est un mouvement très Américain, les «lowbrow» artistes ont un niveau vraiment bluffant, certains sont professeurs dans des grosses universités, des musées exposent leurs œuvres, c’est assez fou… Tout comme le street art, en France ça arrive mais cela reste encore trop peu reconnu. Mais ça viendra. Je ne sais pas si je suis pop surréaliste, moi de mon côté j’ai toujours peint et dessiné sans vraiment me poser ce genre de question, la mort m’intéresse, je suis fan de film SF, j’ai cette envie tous les jours de créer des choses.
J’ai eu des «parutions» sur le blog fecal face, rencontré aussi des artistes américains et exposé en France aussi avec eux grâce à Spacejunk (Caia Koopman, Travis PArr, Will Barras, Andy Howell…) Ça serai présomptueux de dire que je suis connu, en tant que jeune artiste je peint tout seul chez moi, je me rend vraiment pas compte du fait que je sois connu ou non, je ne pense pas l’être, mais j’aimerais énormément exposer aux US bien sur, chaque choses en son temps…

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J’ai vu que tes techniques sont très variées (aquarelle, café, stylo à bille, graphite sur papier…), est-ce que le mélange de celles-ci permet une totale liberté d’expression, qui justement t’amène à réaliser des œuvres très débridées ?

Je pense que dans la création ce qu’il y a de génial c’est que avec des petits moyens on peut arriver à faire plein de choses. Je fais du Bic car à l’époque ou j’étais en école, ou on nous apprenait à faire de la pub ou de l’identité visuel on ne se trimballer pas non plus avec des grands cartons à dessins remplis de feuilles raisins et de l’acrylique dans les sacs (c’est peut être dommage d’ailleurs). Donc j’avais un petit Moleskine ou j’essayais de dessiner des visuels d’affiches format 40/60cm sur du papier format 15/20cm. Ça m’a permis de travailler comme un orfèvre, les yeux à 2 cm de la feuille, sans droit à l’erreur. C’est venu comme ça, l’aquarelle c’est la même chose, facile a trimballer et assez discret avec un super rendu des couleurs.
Je ne pense pas encore faire des travaux débridés, justement j’apprends à le faire sur les toiles, sur les dessins c’est trop méticuleux pour être débridés.

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Parles-moi un peu de ton travail pour les marques et les agences ? Comment réagissent-elles à ton travail ?

J’ai travaillé durant 2 ans et demi avec la marque Billabong. Je développais des all overs, des placements print, j’ai fait aussi la direction artistique pour le marketing de deux look-books ainsi que les visuels de leur campagne presse. Ça a été très intéressant, et énormément débridant. Maintenant je ne peux plus vraiment faire ça car il faut faire un choix entre travailler sur des dessins, toiles très complexes, plusieurs centaines d’heures de travail par pièces, ou sinon faire des collections pour des marques. Je continue toujours avec les marques, j’ai fait dernièrement des Skis pour rossignol pour la série SAS, je continue à travailler avec Billabong pour des collections en collaboration avec d’autres artistes.
Ensuite lorsque je travail avec une marque je dois forcément me poser les questions d’ordre techniques tel que l’impression ; je dois généralement simplifier mes dessins, réduire le nombre de détails et élargir la taille de mes traits… De même pour la sérigraphie, du coup mon travail reste dans mon empreinte mais cela reste une commande, je n’ai pas l’habitude d’utiliser mes dessins d’expos pour l’industrie textile.

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Est-ce que l’exposition de tes peintures est un processus incontournable à ton travail ? Pourrait-on justement parler de procession ? Travailles-tu en fonction d’une exposition ?

Oui je pense que c’est incontournable. Mes dessins présentés lors des expositions sont des originaux, j’aime bien sur les présenter sur le web mais je pense qu’il est plus intéressant de les voir en vrai, pour se rentre compte des couleurs, des détails, de la taille… De même que pour tout autre artiste, il est toujours plus intéressant de pouvoir regarder de ses propres yeux une toile ou un dessin.
J’aime de plus en plus travailler sur des installations, pouvoir intervenir dans un espace en peu de temps et pas forcément de gros moyens. Je n’aime pas trop les expositions ou les toiles sont alignées les unes à la suite des autres, il y a tellement de choses à faire dans un espace blanc. Procession je ne pense pas, certes pour moi j’ai trop dessiné sans montré tout ce que je faisais, maintenant je veux montrer ce que je fait et rencontrer les gens, que ce soit pour être complimenté ou critiqué. Il y a le coté motivation, le reste de l’année je suis dans ma bulle, c’est bien d’en sortir un peu…

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Comment envisages-tu l’avenir de ton travail ?

Continuer à peindre, plus gros, plus grand, plus de détails, plus de dégradés, de nouveaux médias tel que l’huile, peindre dans la rue entre pote, un peu tout ça à la fois… Je me suis jamais dit il faut que je fasse tel ou tel choses, je fais comme ça arrive… Je suis jeune, et j’ai plein de choses à apprendre, les choses viennent et je les fais, quand j’ai une idée je la réalise. J’ai fait le choix d’essayer de vivre de ça donc je vais bosser comme un fou pour y arriver. Je ne pourrais jamais me passer de la peinture et du dessin.

www.odora.blogspot.com
www.spacejunk.tv

Interview par André, re-lecture par Agnès

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