Marc Da Cunha Lopes

Web-Culture Marc Da Cunha Lopes

André rencontre Marc, photographe, il vit à Paris.

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Comment es-tu arrivé dans le monde de “l’image” ?

Depuis tout petit je voulais être dessinateur. Quand j’avais 4 ans je m’imaginais des petites BD avec des personnages de dessins animés. J’ai très vite été attiré par l’image. Au collège, ça c’est calmé, j’étais plus attiré par d’autre chose comme les jeux vidéo avec un regard purement ludique, la vie sociale, les filles…

En plus comme j’étais bon élève, j’étais plutôt poussé à faire des études. Venant d’une famille d’immigrés la réussite passe par des métiers plus classiques. Ce n’est que très tard que j’ai voulu en faire mon métier. Je faisais mes études de biologie, et en hobbies je faisais des illustrations. Et petit à petit, de rencontres en rencontres, je me suis dit que je pouvais en faire mon métier.

Je me souviens justement d’un stage que l’on faisait au lycée. Je l’avais fait dans une boite de graphisme multimédia, à l’époque c’était tourné plus vers le CD-ROM que l’internet. C’est là que j’ai découvert Photoshop, même si au départ j’étais plus attiré par la 3D et le film que par l’image fixe. Je me souviens également de l’émission sur Canal + « L’Oeil du Cyclone » où je pouvais voir souvent des images du festival Imagina, festival de SF/Fantastique. J’ai commencé l’image par la 3D avec « 3D studio » sur mon 486DX266 avec mes 128MO de RAM !!! le hic c’était que le logiciel était extrêmement lent alors que Photoshop lui marchait beaucoup mieux. J’ai commencé à faire de la manipulation photo, à tâtons pour m’amuser. J’ai donc repris goût à l’image au lycée. C’est d’ailleurs à cette période que j’ai rencontré des gens du fanzine Chasseur de Rêves. J’ai commencé à faire des illustrations d’articles de Fantasy, SF et Horreur, une littérature que j’apprécie beaucoup. Et c’est au festival Utopiale que j’ai rencontré des D.A. des éditions J’ai Lu et Denoêl.

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Comment ont ils réagi à ta création ?

Je suis arrivé au moment où c’était la mode des photo-montages comme ceux de Dave McKean. Lui faisait ça depuis 4/5 ans de manière assez forte et médiatique, alors qu’en France c’était assez nouveau. Il y a eu le lancement d’une nouvelle collection SF qui voulait justement sortir de l’illustration traditionnelle, style vaisseaux spatiaux, barbares et blondes à forte poitrine, pour avoir des illustrations plus élégantes, plus accès sur la photo et donc le photo-montage. Ça correspondait à ce que je faisais. C’est comme ça qu’ils m’ont choisi. Ça m’a permis d’illustrer pas mal de bouquins de stars de la SF et du Fantastique, des auteurs que je vénérais étant jeunes !

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Comment ce passait ton processus d’illustrations ?

Il y a plusieurs méthodes. Soit on te donne le manuscrit avec quelques directives et c’est à toi de trouver la bonne illustration. Soit tu n’as que des directives, tu n’as même pas le bouquin. Soit tu as un brief de l’éditeur ou du directeur artistique. Après tu as des fiches d’illustrateurs avec les personnages du roman, un résumé de l’histoire, des scènes à illustrer. Moi je préfère lire le bouquin, car parfois je trouve que le brief ne va pas correspondre au bouquin et donc à mon illustration. J’aime aussi beaucoup m’appuyer sur le titre car il est souvent très évocateur de l’histoire. Dans l’illustration le rapport entre le titre et l’image est très peu exploité, comparé à la pub et c’est bien dommage.

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Quand on voit ton travail de manière globale on reconnaît tout de suite ton style, que ce soit pour l’illustration que pour la photo. Peut-on dire que l’on retrouve une part d’intimité dans ton travail ?

Probablement, mais je n’avais pas vu ça comme ça. Mais forcement le travail est une part de toi et quand tu le rends public c’est évident que tu partage un peu de ton intimité. Mais d’un autre côté, du fait que je fais rarement de travail personnel, que la plupart de mes images sont des commandes je n’ai pas l’impression d’avoir laissé de l’intime dans ces travaux, surtout qu’une fois le travail terminé je m’en détache complètement. Comment c’est fait le passage d’illustration pour l’édition à des campagnes de pubs ? Quand j’étais à l’école des Gobelins, j’ai continué à faire quelques illustrations et avec les techniques que j’apprenais, j’incorporais de plus en plus de photos et mes images devenaient de plus en plus travaillées, avec des prises de vue en studio. En fait, dès que tu as un nouveau jouet, de nouvelles techniques, tu t’amuses à faire de nouvelles choses. J’avais plus une culture ciné BD illustrations et l’environnement des Gobelins m’a fait découvrir d’autres images, d’autres photographes. Et puis j’ai grandi, j’ai mûri, mes centres d’intérêts également mais ça reste toujours moi dans ce travail de pub.

C’est toujours emprunt de Fantastique et de SF. Suite à ça, je me suis fait un book photo avec des fausses campagnes de pub (Meetic…), assez différent de ce que je faisais en illustration, et à la sorti des Gobelins j’ai fait quelques éditos (photos pour la presse de mode) assez intéressant d’un point de vue artistique et de fil en aiguille j’ai eu des contacts avec des annonceurs comme pour Playsation.

C’est aussi une fois sorti de l’école que j’ai appris sur le tas comment monter une production photo avec toute une équipe de maquilleur, coiffeur, styliste, studio photo, repéreur, agence de mannequin… Il m’arrive d’avoir une équipe de 10/15 personnes à gérer, j’ai appris petit à petit, au bluff parfois. C’est un travail totalement différent de l’illustration pour le coup !

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Comment vois-tu l’évolution de ton travail ?

Je suis passé de l’illustration à la pub donc pour l’instant j’ai l’impression d’être au début. Je fais encore quelques illustrations pour des auteurs que j’aime bien mais ça m’amuse de moins en moins. La pub me plaît beaucoup, je gagne bien ma vie, ça reste assez créatif, amusant et varié avec des équipes assez sympathiques, avec une bonne ambiance. Je vais peut-être faire ça pendant 2/3 ans et peut-être passer chef opérateur pour des clips ou de la publicité, ça me plairait beaucoup. Comme je le disais précédemment, j’ai plus une culture ciné BD, c’est pour ça que j’aimerai me tourner vers la vidéo.

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http://www.aisakie.com/

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