Laurent Champoussin

Web-Culture Laurent Champoussin
Le minéral en opposition à l’organique peut représenter en un mot le travail de Laurent. Curieusement dans son monde, les humains sont de lointaines silhouettes dans des étendues désertiques. Lorsque un visage apparait, il est recouvert d’une étrange protubérance de cristaux, sorte d’inquiétante greffe ou prothèse… Découverte.

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Quel est ton parcours ?

Après mon DEA d’études et de recherches cinématographiques, j’ai travaillé pendant près de quinze ans dans l’industrie du cinéma d’abord au CNC (centre national de la cinématographie) puis comme Producteur chez Pyramide.
A un moment très précis de ma vie, j’ai ressenti très fort l’envie de changer de cap, de travailler pour moi et autour d’images fixes.
Je tente d’aller doucement vers cela depuis un peu plus de deux ans.

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Quels chemins t’ont mené à la photographie ?

Sans hésiter le cinéma, les films d’Antonioni, de Godard, de Lynch ou le cinéma expérimental mais aussi le spectacle incessant et émouvant qu’offre les villes ou la nature et l’envie de capter ces moments.

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Tu es représenté par Young Photographers United (YPU). Comment se passe ta collaboration avec ton agent ?

C’est une belle agence dans le sens où je trouve que le travail des photographes représentés est très souvent remarquable mais la dynamique n’est pas vraiment au point , je me sens un peu seul. L’objectif de 2010 est de trouver une galerie.

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Quel matériel photographique utilises-tu ? Travailles-tu avec une équipe quand tu es sur terrain pour les prises de vues ?

Je photographie quasiment toujours avec mon canon eos 5D et deux focales (un 24/70 et un 50 fixe) et je travaille seul avec le moins de matériel électrique possible.

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Tes déambulations aléatoires semblent incontournables pour prendre des photos. Comment découvres tu le terrain adéquat pour tes images ?

J’adore partir en voyage seul avec mon appareil dans une ville que je connais peu ou pas, travailler un parcours simple et puis me perdre totalement. Je travaille beaucoup à l’intuition même si cela me joue parfois des mauvais tours car comme les visages, les villes ne sont pas toujours photogéniques.

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Dans la série Lovestoned, j’ai été spécialement interpellée par les sortes de prothèses, protubérances sur les visage. D’où vient cette réflexion ?

Au départ de cette série il n’y a pas d’intentions particulières, de théories. J’ai d’abord voulu travailler sur un principe basique de collage vieux comme le monde de l’art : rajouter des pierres sur des portraits.
Puis j’ai trouvé que ça marchait assez bien, alors j’ai retravaillé les pierres avec photoshop pour qu’elles trouvent un point d’entrée plus évident dans le visage, autour d’une oreille, d’une bouche …
Je ne veux pas donner trop de sens à cette série car j’adore découvrir la réaction très contractée des gens mais si toutefois il faut en donner un je dirais que la pierre est une représentation minérale et visible de la pensée. Je continue à travailler sur cette série et j’ai aussi des commandes de particuliers qui veulent leur portrait lovestoned.

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Quelle est la place de la retouche numérique dans tes photos ?

J’utilise la retouche pour un type de travail très précis autour du collage, de la multiplication ou au contraire de l’effacement. Quand j’utilise Photoshop il faut que la manipulation soit visible. Pour le rester de mon travail, je ne retouche rien, ni le cadre, ni la couleur, les réglages éventuels se font au moment du tirage papier.

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Que se passe t’il pour toi dans les lieux trop commun (comme Venise ou la prise d’image est difficile) ? D’où vient cette difficulté ?

Il y a des villes qui me résistent : Paris ou Venise mais les raisons ne sont pas les mêmes.
Paris est plein de repères, d’images fortes et c’est une ville « pleine », sans trous, très symétrique pas assez surprenante pour moi et Venise c’est une ville tellement riche, forte par ce qu’elle montre qu’il devient superflu de la prendre en photographie.

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Qu’est-ce qu’Internet à apporté à la diffusion de tes travaux ?

Internet est un outil fabuleux par sa simplicité et sa rapidité. C’est devenu un dispositif incontournable que j’utilise beaucoup. Pour autant j’essaie au maximum que les gens voient mes photographies tirées. J’essaie d’organiser des accrochages assez régulièrement et pour les non parisiens, j’édite des petits livrets qui sont comme des livres de voyages (zabriskiept edition) .

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Quels sont tes projets en cours ?

Je travaille sur un nouvel accrochage justement qui aura lieu début mars à Paris et qui s’intitule « un jour après l’éclipse ». Ce sera l’occasion pour moi de travailler pour la première fois sur de grands tirages dont un 1m x 1m50.

SITE
http://www.laurentchampoussin.com/

Interview Laure Delahaye.

2 Comment

  1. magnifique travail de réflexion et d’analyse et très belle itw ! Merci à webcult pour cette découverte

  2. LAURENT CHAMPOUSSIN says: Répondre

    UN JOUR APRÈS L’ÉCLIPSE
    Jusqu’au dimanche 14 mars 2010
    11H /20h
    25 rue michel le comte 75003 paris (métro rambuteau)
    code 35a58
    escalier B, 2ème étage gauche

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